lundi 4 janvier 2016

Ne pas décevoir l'enfant que vous étiez

Quand j'étais enfant j'avais pleins de rêves. Je m'imaginais maîtresse d'école, mariée, avec deux enfants (mais avoir au moins une fille), je voulais vivre dans une maison et avoir un chat .

J'ai longtemps oublié ces rêves de petite fille pour d'autres chemins. Et puis un jour j'ai fait une grosse dépression. Le truc qui te terrasse, dépasse... Et je me suis rendue compte que je n'étais pas vraiment la fille que j'avais rêvé d'être. Je me suis levée un matin, j'avais 25 ans, pas de mari, pas d'enfant et je commençais un boulot qui n'était pas dans l'éducation nationale. Et j'ai eu cette pensé horrible "Si je vis jusqu'à 80 ans, j'aurais perdu un quart de ma vie à être malheureuse et à me perdre". Alors j'ai tout mis en oeuvre pour réaliser mes rêves.

Ça n'a pas été choses faciles hein. 12 ans plus tard, je suis en couple, un enfant (et il n'y en aura pas d'autre, mais c'est une fille) et je suis professeure stagiaire. J'ai une maison, le chat a été remplacé par le poisson rouge... Mais je suis fière de ce que je suis devenue. Je pense que si la petite Mowgouaille de 8 ans venait me voir elle serait fière de cette adulte qu'elle est devenue.

Je disais cela à une collègue l'autre jour.... Parfois, il faut regarder derrière soi, regarder le chemin parcouru et se poser 5 min pour être fière de soi. Chacun a de quoi être fière: des enfants formidables, une vie de couple réussie, le dépassement d'une maladie, une carrière incroyable ... On a tous des bases pour construire un château. Les nuls, les ratés, les "à coté" ce sont les jugements des autres. Nous, nous savons ce que nous avons réussis, grâce à qui, mais grâce à nous-même surtout.

Et puis parfois, les rêves d'enfants, ne sont pas réalisables. Simplement parce que la vie est ainsi faite, que ce n'est pas possible ou parce que les rêves changent. Je suis trop indépendante, trop solitaire, trop ambitieuse pour faire deux enfants. Mais pour le savoir il a fallu un enfant. Il a fallu que je me rende compte de la complexité d'être parent, de la difficulté et du temps que ça demande. Je pense sincèrement que si j'avais eu un deuxième enfant, je n'aurais pas été une aussi bonne mère que je le suis avec Eloïse. Ou alors, je n'aurais jamais fait le grand saut pour être instit. Il a fallu que je fasse des choix et des tris dans mes rêves pour être tout à fait au clair avec moi-même, et rester fidèle à ce que je suis.  Le désir d'enfant, Muriel Robin en parlait très bien l'autre jour, est plus, à mon sens, une question de capacité, de ce qu'on peut donner à l'autre, qu'une question de désir.

Parfois, le bonheur, se trouve au bout d'un chemin tortueux et délicat. Il est parfois pleins de ronces est de douleurs. Mais peu importe, parce que vos savez qu'au bout du chemin, il y a la vie qui est faite pour vous.

"Rien ne sera jamais facile, il y aura des moments maudits.

Oui mais chaque victoire, ne sera que la tienne, et toi seule en saura le prix"

"C'est ta chance" JJ Goldman

A la petite fille que j'étais





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